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Devant
le Parlement européen en février 2000, la Commission a placé
son mandat sous le signe de quatre engagements illustrant la dimension
politique de l'intégration européenne aujourd'hui. Ces quatre
« objectifs stratégiques » sont les suivants :
- Promouvoir de nouvelles formes de gouvernance européenne.
- Stabiliser notre continent et renforcer la voix de l'Europe dans le
monde.
- Créer un nouvel agenda économique et social et
- Une meilleure qualité de vie pour tous.
Afin
de concrétiser cette nouvelle gouvernance européenne, de
mieux souligner l'actualité et l'exemplarité du projet démocratique
auquel l'Union européenne est attachée depuis ses origines,
la Commission a décidé la publication d'un Livre blanc dont
elle a fixé le mandat et les principes de réalisation en
vue d'une publication au milieu de l'année 2001.
Le présent document a pour objet d'établir le programme
de travail pour la réalisation du Livre blanc sur la gouvernance
européenne qui guidera l'équipe chargée de sa préparation
au sein du Secrétariat général. Elle comporte donc
un aspect méthodologique destiné à encadrer un processus
dynamique d'échanges, ouvert et interactif, au fur et à
mesure duquel le Collège aura l'occasion de préciser la
portée politique de ses propositions face aux nombreux défis
ouvrant le débat sur l'avenir de l'Europe.
Le
document se réfère d'abord à un exposé des
motifs tenant compte des attentes qu'a déjà suscitées
à l'extérieur l'annonce du Livre blanc et du débat
qui s'est engagé au sein des services. Il présente ensuite
les six « chantiers » autour desquels pourraient se structurer
les propositions du Livre blanc et propose enfin une méthode de
travail ainsi que des étapes pour la validation par le Collège.
L'APPORT DE LA « GOUVERNANCE » A LA CONSTRUCTION EUROPEENNE
AUJOURD'HUI
Au cours des dernières années, le mot de gouvernance est
apparu dans différents contextes.
Un important rapport des Nations-Unies consacré à la «
gouvernance globale » a signalé l'impératif de règles
faisant l'objet d'un consensus et d'une application effective à
l'échelle de la planète, même en l'absence de gouvernement
mondial. La « bonne gouvernance » utilisée dans le
contexte des politiques de développement souligne que transparence,
responsabilité (obligation de rendre compte), fficacité
sont des conditions indispensables au succès des politiques publiques.
La « gouvernance à plusieurs niveaux » précise
que l'enjeu de gouvernance implique une articulation entre différents
niveaux géographiques d'acteurs publics indépendants autour
d'objectifs d'intérêt commun. Mais la gouvernance concerne
aussi les acteurs privés ; la « gouvernance d'entreprises
» vise à garantir la responsabilité du pouvoir de
gestion vis-à-vis de toutes les parties concernées.
Gouvernance, de quoi parle-t-on ?
Le
Livre blanc de la Commission sur la gouvernance européenne retiendra
de la gouvernance qu'elle désigne l'ensemble des règles,
processus et comportements touchant à la qualité de l'exercice
des pouvoirs au plan européen, en particulier la responsabilité,
la lisibilité, la transparence, la cohérence, l'efficience
et l'effectivité.
En
d' autres termes
- La Commission agit-elle de façon démocratique ?
- Les actions de la Commission atteignent-elles leurs objectifs ?
- Les actions de la Commission sont-elles claires ?
- Que faire pour améliorer la situation ?
L'idée
de gouvernance est particulièrement bien adaptée pour attirer
l'attention sur la richesse et la singularité du système
politique de l'Union européenne. L'essence même de l'Union
européenne est en effet de construire une Communauté fondée
sur le droit, tout en respectant l'identité propre de chacun des
Etats qui la composent. Il en découle un équilibre fondamental
entre les institutions qui établissent ce droit, incarné
par un partage original des pouvoirs législatifs et exécutifs
ainsi qu'une obligation de coopération. Parce qu'elle se concentre
sur l'interdépendance et l'interaction entre ces différents
pouvoirs à différents niveaux, la gouvernance aide à
approfondir les conditions de cet équilibre et de cette coopération.
L'idée
de gouvernance met aussi l'accent sur la participation d'acteurs régionaux
ou locaux et non-gouvernementaux. Leur implication dans les processus
de décision communautaire apparaît de plus en plus comme
une condition même de bonne fin de ces processus et d'acceptabilité
des règles. Si l'on admet que la démocratie en Europe repose
sur deux piliers complémentaires : la responsabilité des
exécutifs devant les assemblées législatives européenne
et nationales et l'association effective des citoyens à la conception
et à la mise en oeuvre de décisions qui les concernent,
la réforme des modes de gouvernance européenne s'inscrit
bien dans la perspective d'un approfondissement de la démocratie
européenne.
Le Livre blanc devra s'attacher à souligner cette complémentarité
: il s'agit, par l'amélioration de la qualité des processus
décisionnels, en particulier leur lisibilité et leur effectivité,
de revaloriser l'action législative en accroissant sa légitimité,
non de s'y substituer.
Pourquoi maintenant ?
L'idée
de gouvernance vient enfin à son heure. Elle peut aider à
mieux aborder les principaux défis qui se présentent aujourd'hui
simultanément sur l'agenda européen :
- Le défi de l'élargissement réside dans une discontinuité.
La présente grande négociation d'adhésion, englobant
de nombreux Etats candidats, contraste avec le passé par son ampleur,
mais aussi par le changement du cadre géopolitique de l'intégration
européenne qu'elle implique. Elle situe d'entrée de jeu
l'Union dans une posture continentale qui appelle une redéfinition
de ses politiques internes, et la désigne de fait comme un acteur
de référence pour la Fédération Russe et pour
l'ensemble méditerranéen. Elle accroît encore sa responsabilité
en tant que puissance dans le contexte de la globalisation.
- Le défi institutionnel ne se réduit pas aux questions
découlant directement de l'élargissement. Indépendamment
de lui, la maturité de l'intégration européenne,
par exemple dans le cadre de la mise en oeuvre de l'union économique
et monétaire ou de la politique européenne de sécurité
commune crée de nouvelles obligations de résultats.
- Enfin le défi démocratique s'exprime, depuis l'adoption
du Traité de Maastricht, par un décalage entre une sympathie
générale des citoyens à l'égard des idéaux
européens et une méfiance persistante à l'égard
des institutions. L'embellie économique, la réalité
visible de l'Euro, ont renforcé l'attente d'une unité politique
; mais l'insatisfaction à l'égard des institutions demeure,
malgré le renforcement des prérogatives du Parlement. A
la source de cette insatisfaction se trouve l'illisibilité des
objectifs poursuivis par l'Union, la difficulté de personnaliser
ses divers protagonistes et le sentiment fort que les réalités
du terrain ne sont pas assez prises en compte au détriment de la
richesse constituée par la diversité des cultures, des langues
et des territoires.
Ces
trois défis sont à première vue indépendants.
Ils ne ressortent ni des mêmes causes, ni du même calendrier.
Mais leurs solutions sont liées. La réponse au défi
démocratique commande en grande partie le succès des réponses
aux autres défis : faire en sorte que les citoyens se reconnaissent
dans l'Union européenne, mettre les acteurs concernés en
capacité de s'exprimer sur le cadre des règles communes,
d'y jouer pleinement leur rôle et de constater leurs effets, conditionne
une légitimité nécessaire à toute extension
du partage des souverainetés ; fonder le sentiment d'une maîtrise
du fonctionnement de l'Union européenne à 15, argumenter
et délibérer sur l'évolution de ses politiques, conditionne
la vision d'appartenir à une Europe élargie et d'en partager
les finalités.
La démarche de travail inversera donc l'habituelle rationalité
consistant à partir des objectifs pour définir ensuite des
moyens et des instruments. Car il faut prioritairement changer les manières
de faire pour que des objectifs puissent être compris et poursuivis
avec succès. Les chantiers du programme de travail embrassent donc
au point de départ un champ large, pourensuite se concentrer sur
des propositions pratiques destinées à :
- Encourager la discussion par les citoyens sur les valeurs, les enjeux
et les décisions de l'Union européenne.
- Rénover les processus de préparation et de mise en oeuvre
des règles ou politiques communautaires pour s'assurer de leur
pertinence et, de leur cohérence en stimulant l'interactivité
entre public et privé ou entre différents niveaux de responsabilité
géographique.
- Poser le cadre d'un débat sur le renouvellement des objectifs
des politiques communes dont l'Union aura besoin dans une perspective
continentale. Ces trois enjeux ne concernent pas la seule Commission mais
l'ensemble des institutions européennes. De surcroît, la
recherche d'une démocratie plus participative et plus lisible touche
aussi les gouvernements comme les assemblées élues aux niveaux
national, régional et local. Le Livre blanc devra en tenir compte.
C'est dans le cadre institutionnel actuel, adapté par les conclusions
de la CIG de Nice, que devront être étudiées les propositions
du Livre blanc. Depuis quinze ans cependant, des changements majeurs ont
marqué le contexte de l'Union européenne : l'accélération
du progrès technologique en particulier dans les domaines de l'information
et de la biologie ; la dévolution croissante de compétences
aux échelons régionaux et urbains ; l'apparition d'acteurs
nouveaux chargés de réguler les domaines placés auparavant
sous une tutelle publique. Les implications institutionnelles qui pourraient
apparaître au fur et à mesure de l'avancée des travaux
sur les nouvelles formes de gouvernance devraient se refléter dans
les conclusions du Livre blanc.
S'agissant particulièrement de la question des compétences
de l'Union et des Etats-membres, le programme de travail visera l'amélioration
de la répartition des tâches exécutives ; de cet examen
se dégageront éventuellement des leçons contribuant
au débat sur l'articulation des compétences législatives.
Dans le même esprit, les conclusions du Livre blanc aborderont-elles,
le cas échéant, la question de la place de la Commission
dans le système institutionnel, de son caractère politique,
de son indépendance et de son autorité, à la lumière
des changements portés par la gouvernance européenne.
De même enfin les propositions du Livre blanc sur la gouvernance
devront-elles s'articuler sur la réforme administrative interne
de la Commission. Elles offriront une nouvelle lecture des tâches
ou des métiers de base de la Commission découlant du Traité
(gardienne du Traité, expression d'intérêt général,
titulaire du monopole d'initiatives) à la lumière du nouveaucontexte
d'interdépendance et d'interaction entre divers niveaux de gouvernement.
SIX CHANTIERS POUR LA GOUVERNANCE EUROPEENNE
La
préparation des propositions du Livre blanc s'organisera, au moins
dans un premier temps, autour de six chantiers conçus à
partir des responsabilités de la Commission européenne à
l'égard de nouvelles formes de gouvernance. Ils découlent
des motivations qui précèdent.
Le travail à accomplir devra identifier et surmonter les contradictions
potentielles recelées par l'idée de gouvernance : une participation
accrue ne doit pas mettre en cause la responsabilité de l'exécutif
devant le Parlement ; des consultations plus précoces et plus étendues
ne doivent pas alourdir ni complexifier le processus de décision
; le pilotage des réseaux ne doit pas diluer la méthode
communautaire ; davantage de décentralisation ne doit pas se faire
au détriment de la cohérence et du respect des objectifs
communs ; l'implication croissante de la société civile
ne peut conduire à court-circuiter les autorités publiques
nationales ou infra-nationales.
Le Livre blanc s'attachera particulièrement aux solutions que le
recours aux nouvelles technologies de l'information peut offrir pour surmonter
ces contradictions.
1.
Elargir et enrichir le débat public sur les sujets européens
Les matières dont traite l'Union européenne ont une incidence
durable, de longue portée sur le cadre de vie des citoyens. Cela
vaut bien entendu pour les grands enjeux de coopération ou de négociation
internationale, pour la mise en place de l'Union économique et
monétaire, pour la construction d'un cadre commun de sécurité
intérieure. Mais cela vaut aussi pour la mise à jour ou
l'approfondissement des règles du marché intérieur
: l'avenir des services publics européens où les conditions
de mise sur le marché de produits alimentaires faisant appel aux
techniques de modifications génétiques, renvoient directement
à des valeurs ou à des principesfondamentaux.
Les conditions ordinaires des débats médiatiques ou électoraux
permettent rarement d'évoquer de tels enjeux qui dessinent pourtant
au quotidien l'identité européenne.
On s'attachera dans ce chantier à deux tâches principales
:
- Populariser le débat sur les grands enjeux de l' Union européenne
ou de ses politiques essentielles, dans la diversité des cultures
et des contextes nationaux.
- Démocratiser l' expertise scientifique, notamment dans les domaines
sensibles de la santé et de la sécurité. Il s' agit
d' un côté de rendre cette expertise mieux accessible au
public au-delà d' une simple transparence technique. De l' autre
il faut accréditer des références scientifiques,
ayant un poids et une autorité suffisante à l' échelle
européenne, et applicables dans les différents contextes
nationaux.
Le SG et le SJ, les DG PRESS, INFSO, EAC, ESTAT, SDT, RTD, CCR, AGRI,
SANCO, ENTR, EMPL seront directement impliqués dans ce chantier.
Chantier n° 1
1.
Des expériences à méditer
Parmi d'autres
Des idées à creuser
· Tirer des leçons de l' organisation et du mode de consultation
de la Convention pour la Charte européenne des droits fondamentaux.
· Généraliser les « conférences citoyennes
» qui réunissent, dans certains pays, experts, responsables
politiques et citoyens «formés » au débat avec
les scientifiques.
· Mettre en réseau (interconnexion des chaînes TV
spécialisées) les débats des commissions parlementaires
nationales sur des sujets européens.
· Concevoir avec les grands medias, les usagers et les éducateurs,
une charte européenne pour la qualité de l' audiovisuel.
· Diffuser, avec l' approbation du budget de l' Union ou lors des
accords pluriannuels, uneimage claire des dépenses et des ressources.
2.
Piloter les processus d'élaboration et de mise en oeuvre des règles
communautaires
Le système politique européen agit, comparativement aux
systèmes politiques nationaux, beaucoup plus par l'énoncé
des règles que par des interventions économiques. Mais l'attention
se porte bien souvent sur le seul mécanisme de la décision,
c'est-à-dire de l'adoption de la règle. La qualité
de la règle, en revanche, en particulier son acceptabilité
et son effectivité, en adéquation aux principes de
proportionnalité et de subsidiarité, dépendent d'un
processus complet de préparation en amont et d'application en aval.
Les propositions à établir dans le cadre de ce chantier
comportent trois aspects :
- L' étude de la formalisation des « conditions de participation
» à l' élaboration des règles. L' association
précoce des autorités publiques infra-nationales à
la conception des règles fera l' objet d' une attention spécifique
dans le respect de l' organisation interne des Etats membres, tenant compte
du rôle désormais joué par les autorités régionales
et locales dans la mise en oeuvre des règles
communautaires. La notion de droit participatif, qui vise la société
civile, sera également étudiée pour concilier les
exigences d' équité et d' autonomie, ainsi que les contreparties
de transparence et de responsabilité associées à
l' exercice de ces droits, le contrôle des garanties correspondantes
par les Parlements européen et nationaux.
-
L' établissement de formes adéquates d'évaluation
de l' effectivité des règles, en particulier leur indépendance
et leur transparence du point de vue des trois institutions ; l' application
à cette fin des nouvelles technologies à la rationalisation
des communications entre les acteurs de la chaîne de décision
européenne. Dans cet esprit, l' instauration d' une forme de «
traçabilité » des directives et règlements
communautaires, décrivant le cheminement depuis la proposition
de la Commission jusqu' aux textes nationaux d' application, permettant
de rendre compte du rôle des différentes instances du Conseil
et du Parlement européen et des choix liés aux transpositions
nationales.
- L' étude - du point de vue du respect de l' intérêt
général et de la responsabilité parlementaire - des
avantages et des inconvénients des différentes formes de
régulation et « co-régulation » impliquant la
formulation de normes volontaires, par exemple dans les domaines où
l' évolution très rapide des technologies requiert des adaptations
des processus d' élaboration et d' adoption des directives.
Le SG, le SJ, les DG INFSO, REGIO, EMPL, JAI, MARKT, ENV, ENTR, AGRI,
EAC, ELARG, TREN, SANCO, BUDG, ADMIN, ECFIN, DEV sont très directement
concernés par ce chantier.
Chantier
n° 2
Des expériences à méditer
Parmi d'autres
Des idées à creuser
·
S' inspirer du recours au « net » par l' administration US
pour une consultation précoce sur les initiatives réglementaires.
· Etudier l' extension à d' autres domaines de la Convention
UN / ECE de Aarhus pour l' accès du public à l' information,
au processus décisionnel et à la justice dans le domaine
de l' environnement.
· Tirer les leçons du tableau d' affichage sur le marché
intérieur et les dispositifs d' écoute - feed-back - par
le réseau des Euro-info-centres.
· Etudier la faisabilité d' un office européen d'
évaluation commun aux trois institutions.
· Rationaliser et revaloriser les formes multiples de la concertation
sociale.
· Adopter des codes de conduite applicables à chacune des
trois institutions en vue de la simplification législative (Avis
du CES).
3.
Mieux exercer les responsabilités exécutives européennes
par la décentralisation
Beaucoup d'arguments militent en faveur d'une décentralisation
accrue des tâchesexécutives dans le système communautaire.
Plusieurs de ces tâches sont déjà confiées,
dès l'origine, aux autorités nationales ou locales compétentes.
LaCommission, quant à elle, examine les formes de décentralisation
les plus appropriées en vue de l'exécution efficace et effective
de ses tâches. Cela vaut notamment pour les tâches qui requièrent
des connaissances techniques et scientifiques particulièrement
approfondies et pour les tâches de gestion de programmes. Une autre
question importante consiste à définir les limites de la
décentralisation lorsqu'il s'agit de l'exercice par la Commission
de ses compétences réglementaires.
Quant au fond, deux situations contrastées se présentent
que le chantier devra distinguer. Soit la décentralisation est
requise, au motif du besoin d'une autorité indépendante
de toute inflexion nationale pour élaborer des positions techniques
homogènes au plan communautaire en raison des enjeux fondamentaux
qui s'attachent à l'uniformité; on parlera de décentralisation
horizontale. Soit au
contraire une application beaucoup plus souple des règles est nécessaire,
donnant une grande marge d'appréciation en fonction des situations
locales ; ce sera la décentralisation verticale. Le chantier devra
donc étudier particulièrement les critères et les
conditions de ces deux types de décentralisation.
- La décentralisation horizontale confiée à des agences.
Quelles compétences leur accorder ? Comment maintenir la cohérence
entre agences de plus en plus spécialisées sectoriellement
? Quelles leçons peut-on tirer du programme IDA ? Quelles garanties
(transparence des décisions, qualité de l' expertise, équité
des consultations, indépendance, légitimité, responsabilité)
doivent être établies ?
- La décentralisation verticale comporte un partage des responsabilités
accru avec des instances nationales, régionales et locales, en
particulier dans les domaines des politiques communautaires ayant un fort
impact territorial (environnement, transport, politique régionale).
Dans quelles conditions pourrait-on développer une démarche
fondée sur des contrats d'objectifs entre l' Union, représentée
par
la Commission, et des autorités dotées d' une capacité
réglementaire ou de gestion, et disposant une large autonomie dans
le choix des moyens ? Une telle démarche pourrait-elle s' appliquer
aux programmes destinés à stimuler l' innovation ?
A l' approfondissement de ces thèmes majeurs sont particulièrement
intéressés le SG, le SJ, les DG AGRI, FISH, ENV, ESTAT,
ENTR, TREN, ECHO, SCR, BUDG, COMP, REGIO, OLAF, MARKT, INFSO, SANCO, ADMIN,
TFRA, EMPL, DEV, RTD, EAC.
Chantier n° 3
Des expériences à méditer
}Parmi d'autres
Des idées à creuser
·
Tirer des leçons de l' application de l' Administrative Procedures
Act qui gouverne, depuis les années cinquante, le fonctionnement
des agences fédérales aux Etats-Unis.
· Critiquer ou valider l' expertise de l' IUE de Florence sur le
rôle des agences européennes pour la décentralisation.
· Enseignements d' une décentralisation croissante dans
la mise en oeuvre des politiques structurelles (Feder, Programme d' initiative
communautaire Leader).
· Etude des conditions de mise en oeuvre décentralisée
des politiques environnementales dans les pays fédéraux
de l' U.E.
4.
Promouvoir la cohérence et la coopération dans une Europe
« en réseau »
On s'est intéressé, jusqu'à présent, à
l'exercice des compétences ou à la mise en oeuvre des politiques
communautaires stricto sensu. Or, de plus en plus, l'interdépendance
engendrée par l'Union économique et monétaire entraîne
le besoin d'une « convergence » accrue des politiques nationales
et / ou régionales, y compris dans des domaines où les compétences
communautaires sont très limitées. Si la responsabilité
de coordonner les politiques nationales revient au Conseil, c'est à
la Commission d'en préparer les voies et moyens. Il lui revient
en particulier, par un suivi et par l'étalonnage des bonnes pratiques,
de s'assurer de la qualité de l'application du droit communautaire
non seulement dans les pays candidats mais également dans les pays
membres.
Plus généralement, les pratiques de coopération et
de coordination ne tiennent pas compte suffisamment des interdépendances
de fait au sein d'un espace monétaire et budgétaire intégré
et négligent l'apparition d'acteurs non étatiques ayant
des missions publiques tels que les villes, les régulateurs de
l'accès aux services en réseau.
Dans ces conditions, le chantier devra alors aborder trois perspectives
:
- Approfondir la proportionnalité entre les formes possible de
la « convergence » et la nature des problèmes à
résoudre. Ainsi le processus de Luxembourg pour la convergence
des politiques nationales d' emploi apparaît à bien des égards
comme exemplaire ; mais à quelles conditions et pour quels domaines
? Le processus de coordination ouverte initié à Lisbonne
a-t-il vocation à s' étendre à l' ensemble des champs
de politique économique et structurelle sans heurter le principe
de subsidiarité ?
- Etablir une typologie des réseaux polycentriques issus notamment
de la libéralisation des services d' intérêt général
et promouvoir les formes d' organisation les mieux à même
de garantir, à l' échelle européenne, les biens publics
tels que l' interopérabilité et le service universel.
- Le cadre régional stricto sensu suffit-il à assurer la
meilleure synergie entre les divers niveaux territoriaux de politique
structurelle : européen, national, régional et local ? Ne
faut-il pas désormais prendre en compte au service des objectifs
européens de cohésion et de développement durable,
la dimension territoriale, c' est-à-dire les effets de polarisation
urbaine, les continuités géographiques, l' impact local
des politiques sectorielles de l' Union ? Que peut-on retirer des nouvelles
formes de planification spatiale en vigueur dans plusieurs Etats membres
et dans certains sous-ensembles transnationaux initiés par le programme
Interreg II C pour améliorer la définition partenariale
des objectifs à long terme de cohésion sociale et de développement
durable ? Le SG et le SJ, les DG EMPL, ECFIN, OLAF, RTD, ECHO, INFSO,
TREN, MARKT, ESTAT, CCR, REGIO, AGRI, ENV, SANCO, ADMIN, ENTR, TAXUD,
EAC seront directement associés à ce chantier.
Chantier n° 4
Des expériences à méditer }Parmi d'autres
Des idées à creuser
·
Analyser les nouveaux processus de planification territoriale (voir par
exemple 5ème rapport sur le développement spatial au Pays-Bas).
· Tirer les leçons des difficultés de mise en oeuvre
du premier Schéma de développement de l' espace communautaire.
· Etudier le processus de rapprochement des systèmes nationaux
d' emploi (« processus de Luxembourg ») et analyser son implication
pour d' autres politiques structurelles.
· Emprunter aux méthodes d' étalonnage des politiques
des collectivités territoriales en Finlande, pour s' en inspirer
au plan communautaire.
· Examiner l' expérience des agendas 21 locaux pour une
meilleure articulation des politiques régionales et des politiques
d' environnement.
5.
Renforcer la contribution de l'Europe à la gouvernance mondiale
La maîtrise de la globalisation, et en particulier la négociation
en cours à l'OMC, rencontrent des difficultés similaires
à celles que veut surmonter la gouvernance européenne :
extension des règles à un nombre croissant de nations ;
spécialisation sectorielle des politiques ; interférence
croissante des règles multilatérales avec les politiques
domestiques ; émergence de nouveaux acteurs globaux parmi les entreprises
et dans la société civile.
La gouvernance européenne devra donc être située dans
un contexte mondial plus large. Il s'agira de souligner la nécessité
et l'opportunité pour l'Union de promouvoir une meilleure gouvernance
mondiale en harmonie avec sa propre gouvernance interne : nécessité
de renforcer la voix de l'Union européenne dans le monde, en raison
des responsabilités qui pèsent désormais sur l'Union
avec la visibilité
mondiale de l'Euro et l'élargissement continental ; opportunité
du fait de l'expérience acquise par ses institutions pour concilier
la prise de décision et le respect des diversités, et de
la valeur que représente l'Union européenne en tant que
facteur de stabilité dans l'ordre international.
Concrètement, pour ce chantier, on s' appuiera principalement sur
les travaux d' élaboration du document pour une stratégie
européenne du développement durable qui sera présenté
par la Commission lors du Conseil européen de Gothenburg. Etant
admis que l' intégration des politiques sectorielles d' une part,
l' application du principe de subsidiarité dans un esprit de coopération
d' autre part seront des fils conducteurs pour le rapport de Gothenburg,
il s' agira de mettre en relief leurs implications pour les positions
de l' Union au regard de la réforme de la gouvernance mondiale,
notamment au travers des instances multilatérales.
Le SG et le SJ, les DG TRADE, RELEX, TREN, ESTAT, ENV, AGRI, RTD, INFSO,
MARKT, SCR, TAXUD, ECFIN, ECHO, DEV, la Cellule de Prospective participeront
à ce chantier.
5.
Renforcer la contribution de l'Europe à la gouvernance mondiale
La maîtrise de la globalisation, et en particulier la négociation
en cours à l'OMC, rencontrent des difficultés similaires
à celles que veut surmonter la gouvernance européenne :
extension des règles à un nombre croissant de nations ;
spécialisation sectorielle des politiques ; interférence
croissante des règles multilatérales avec les politiques
domestiques ; émergence de nouveaux acteurs globaux parmi les entreprises
et dans la société civile.
La gouvernance européenne devra donc être située dans
un contexte mondial plus large. Il s'agira de souligner la nécessité
et l'opportunité pour l'Union de promouvoir une meilleure gouvernance
mondiale en harmonie avec sa propre gouvernance interne : nécessité
de renforcer la voix de l'Union européenne dans le monde, en raison
des responsabilités qui pèsent désormais sur l'Union
avec la visibilité
mondiale de l'Euro et l'élargissement continental ; opportunité
du fait de l'expérience acquise par ses institutions pour concilier
la prise de décision et le respect des diversités, et de
la valeur que représente l'Union européenne en tant que
facteur de stabilité dans l'ordre international.
Concrètement, pour ce chantier, on s' appuiera principalement sur
les travaux d' élaboration du document pour une stratégie
européenne du développement durable qui sera présenté
par la Commission lors du Conseil européen de Gothenburg. Etant
admis que l' intégration des politiques sectorielles d' une part,
l' application du principe de subsidiarité dans un esprit de coopération
d' autre part seront des fils conducteurs pour le rapport de Gothenburg,
il s' agira de mettre en relief leurs implications pour les positions
de l' Union au regard de la réforme de la gouvernance mondiale,
notamment au travers des instances multilatérales.
Le SG et le SJ, les DG TRADE, RELEX, TREN, ESTAT, ENV, AGRI, RTD, INFSO,
MARKT, SCR, TAXUD, ECFIN, ECHO, DEV, la Cellule de Prospective participeront
à ce chantier.
Historique, géographique et interculturel qui a fondé l'essor
des relationséconomiques et commerciales sur le continent européen.
Concrètement,
le travail du chantier devrait montrer comment cette idée-clef
pourrait s' illustrer dans l' adaptation et la mise en oeuvre des politiques
communes de l' Union. A titre d' exemple, les thèmes suivants pourraient
relier les questions d' actualité et les enjeux de long-terme :
- Objectifs et outils d' une « politique européenne de la
proximité » ayant pour but de construire des relations stables
et cohérentes au long des frontières est et sud de l' Europe
continentale ; liens avec une approche constructive des migrations.
- Rayonnement et équilibre du réseau des villes d'Europe
: prévention de la concentration, tension entre compétitivité
et cohésion, revitalisation des relations traditionnelles Est-Ouest
et Sud-Nord.
- Diversité et soutenabilité des formes de développement
des activités agricoles et non-agricoles dans les territoires ruraux
d'Est et d'Ouest.
- Développement optimal des réseaux de service économiques
d'intérêt général en fonction d' une vue continentale
de la cohésion territoriale et du service universel.
Le SG et le SJ, la Cellule de Prospective en lien avec d' autres think-tanks
nationaux et européens, les DG JAI, AGRI, ELARG, REGIO, BUDG, ECFIN,
TAXUD, EMPL, RELEX, TREN et MARKT devraient se voir confier la tâche
de définir la problématique des débats à mener
jusqu' en 2003 sur les futures politiques de l' Union.
CALENDRIER
DE TRAVAIL ET VALIDATION PAR LE COLLEGE
Le
Collège, dans son ensemble, suivra et validera les travaux d'élaboration
progressive du Livre blanc sur la gouvernance européenne.
La validation devrait intervenir en trois étapes donnant lieu à
délibération du Collège :
- Approbation du programme de travail comportant six chantiers et une
liste de thèmes correspondants pour le lancement de travaux interservices
(début octobre).
- Approbation d'un rapport sur les options illustrant différentes
solutions possibles pour les problèmes posés et différentes
orientations pour les politiques dont l'Union a besoin dans la perspective
continentale. Ce rapport sur les options permettra aussi de procéder
à une sélection entre les matières du programme de
travail en fonction de la maturité des propositions, et à
la lumière du contexte ouvert par la clôture de la CIG (février).
- Approbation d'une version finale du Livre blanc en vue de sa transmission
aux institutions européennes et aux différents partenaires
associés à son élaboration ( juillet 2001).
En outre, deux documents de suivi intermédiaires seront transmis
au Collège : en novembre 2000, une description des décisions-clefs
et des questions politiques essentielles qui auront pu être dégagées
à la lumière des premiers travaux interservices ; en mars
2001, un état des résultats des consultations effectuées
avec des Etats membres et des autres partenaires de la Commission.
Chantier n° 4. Promouvoir la cohérence et la coopération
dans une Europe en réseau
·
Expertiser les processus de convergence des politiques nationales.
SG, SJ, DG EMPL, ECFIN, OLAF, RTD, ECHO, EAC, TAXUD.
· Optimiser les structures d'organisation des réseaux transeuropéens.
SG, SJ, DG INFSO, TREN, MARKT, ESTAT, CCR, SANCO, ADMIN, ENTR.
· Articuler les divers niveaux de territoire par la cohésion
sociale et le développement durable.
SG, SJ, DG REGIO, TREN, AGRI, ENV, EMPL.
Chantier n° 5. Renforcer la contribution de l'Union à la gouvernance
mondiale
· Appliquer sur la scène mondiale la stratégie européenne
de développement durable.
SG, SJ, DG TRADE, RELEX, TREN, ESTAT, ENV, AGRI, RTD, INFSO, SCR, MARKT,
TAXUD, ECFIN, ECHO, DEV, Cellule de Prospective. Chantier n° 6. Renforcer
l'intégration et la dimension stratégique des politiques
de l'Union à l'échelle du continent
· Définir le cadre d'un débat sur les politiques
dont l'UE a besoin.
SG, SJ, Cellule de Prospective, DG JAI, AGRI, ELARG, REGIO, BUDG, ECFIN,
TAXUD, TREN, RELEX, EMPL, MARKT.
RÉSUMÉ
Programme de travail pour l'élaboration du Livre blanc sur la gouvernance
européenne Promouvoir de nouvelles formes de gouvernance européenne
est l'une des quatre priorités stratégiques de la Commission.
Un Livre blanc lui sera consacré qui sera diffusé à
la mi-2001. Le document approuvé par le Collège décrit
les motivations, le contenu possible et la méthode de travail pour
l'élaboration de ce Livre blanc tenant compte des attentes déjà
suscitées par son annonce et des débats qui se sont déjà
engagés à l'intérieur de la Commission.
La définition de la gouvernance retient qu'elle désigne
les règles, processus et comportements qui conditionnent la qualité
de l'exercice des pouvoirs européens : responsabilité, visibilité
et effectivité. Cette approche convient particulièrement
à l'approfondissement du modèle démocratique européen
en général et du rôle joué par la Commission
en particulier ; car elle rend compte de situations caractérisées
par la multiplicité des centres de décision à plusieurs
niveaux géographiques, publics et privés dans l'Union ;
elle souligne aussi l'importance de la légitimité s'attachant
à l'acceptabilité des règles, à la participation
des citoyens et à la prise en compte des diversités culturelles,
linguistiques et territoriales. Elle vient aussi à son heure, dans
un moment où la solution aux défis de l'élargissement
et des institutions est en bonne partie conditionnée par de nouveaux
modes d'organisation et de conception des politiques européennes.
Six chantiers de travail sont proposés pour les illustrer concrètement
:
· Les quatre premiers concernent les formes pratiques de conduite
des processus européens, tant du point de vue de la préparation
que de la mise en oeuvre des décisions législatives. Ils
s'intitulent respectivement :
- Elargir et enrichir le débat public sur les enjeux européens.
- Piloter les processus d'élaboration et de mise en oeuvre des
règles communautaires.
- Mieux exercer les responsabilités européennes par la décentralisation.
- Promouvoir la cohérence et la coopération dans une Europe
en réseau.
· Les deux derniers visent à reformuler les objectifs ou
les enjeux des politiques de l'Union, en dépassant les clivages
sectoriels, afin de renforcer :
- La contribution de l'Union à la gouvernance mondiale.
- L'intégration et la dimension stratégique des politiques
de l'Union à l'échelle du continent.
La conclusion du Livre blanc devra ouvrir sur les implications institutionnelles
des changements portés par la gouvernance européenne.
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