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Les
valeurs dans la future Constitution européenne COMMENT ARTICULER CONVICTIONS RELIGIEUSES, ETHIQUE ET DROIT DANS UNE DEMOCRATIE PLURALISTE ? Etienne MONTERO , professeur aux Facultés Universitaires de Notre Dame de la Paix à Namur.
Campus a.s.b.l.
27 mai 2003 |
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COMMENT
ARTICULER CONVICTIONS RELIGIEUSES, ETHIQUE ET DROIT DABNS UNE DEMOCRATIE
PLURALISTE Chers Amis, cher Etienne Montero, Ce
soir nous continuons dans l'entreprise qui nous sommes fixés cette
année qui est de comprendre l'opposition qu'il y a entre : Le pluralisme chrétien réclame la liberté des consciences, c'est à dire la liberté de religion, la liberté de manifester en public ses propres convictions religieuses et philosophiques et avoir les moyens pour les enseigner. L'idéologie totalisante de la neutralité veut, par contre, exclure la manifestation publique de l'homme religieux et reléguer l'idée de Dieu à un subjectivisme qui n'a pas droit de cité, qui doit être relégué dans le fonds de consciences, des synagogues, des mosquées, et des églises. Nous réfléchissons sur ce thème avec, à l'esprit, la rédaction de la nouvelle Constitution européenne qui sera adoptée à la fin de 2003 et dont les enjeux religieux nous ont été expliqué par le président Jacques SANTER, lors de notre première réunion. Dans la réunion suivante, Mgr LEONARD nous a donné les points de référence pour juger les rapports entre d'un côté l'Eglise et les religions et, d'autre côté, l'Etat de droit. Ce soir avec le Prof. Etienne MONTERO, nous allons approfondir le rapport entre la conscience individuelle de l'homme religieux et l'Etat de droit, c'est à dire : comment la vrai laïcité doit être vécue par l'homme religieux dans le contexte de l'Etat de droit. La prochaine fois, avec le père Hans VOEKING, nous examinerons comment l'Islam s'insère dans l'Etat de droit. Pour préparer cette réunion, nous vous avons suggéré la lecture non seulement de la Note doctrinale du cardinal Ratzinger sur le comportement des catholiques en politique, mais aussi de la lectio magistralis de Jean Paul II lors de la collation du doctorat honoris causa à l'Université de Rome il y a quelques jours. Il a, en effet, parlé de son combat citoyen en faveur des droits de l'homme. Oui, défendre l'homme est défendre son Créateur, sans avoir peur de manifester explicitement le lien qu'il y a entre Créateur et créature. Peut-être ces mots et ces concepts vont à l'encontre des idées reçues qui sont colportées dans les moyens de communication, mais c'est cela que Jean-Paul II nous enseigne à faire. Dans une conférence donnée, samedi passé, le porte-parole du Pape vient d'expliquer « Le secret de la communication chez Jean-Paul II ». Ce secret est le refus de considérer comme valide le langage commun en tant que moyen de communication et l'utilisation d'un langage propre pour pouvoir faire comprendre aujourd'hui l'univers des valeurs chrétiennes. Ce n'est pas le Christ qui doit s'adapter aux hommes. C'est les hommes qui doivent s'adapter au Christ. Cela est nécessaire pour surmonter la « subjectivisation » du fait religieux dont l'opinion publique semble être convaincue, et faire sentir à l'homme qu'il est de nouveau interpellé par Dieu en tout ce qu'il est et en tout ce qu'il fait dans sa vie de relations, dans sa vie de citoyen. La conversation que nous allons avoir ce soir avec ETIENNE MONTERO nous permettra justement d'essayer de faire ce que Jean-Paul II fait. Son exposé porte sur Comment articuler dans une démocratie pluraliste les convictions religieuses, l'éthique et le droit. Bien de vous, connaissent Etienne MONTERO qui est un animateur du Groupe Nicomaque auquel plusieurs d'entre vous participent. Toutefois, permettez-moi de le présenter, au moins aux autres. Etienne
Montero est licencié et docteur en droit de l'Université
catholique de Louvain. |