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PERSPECTIVES
AU SEIN DE LA CONVENTION SUR L'AVENIR DE L'EUROPE :
COMMENT EVOLUENT EN PARTICULIER LES REFERENCES A LA RELIGION ET A L'HERITAGE
CHRETIEN ?
Présentation de Jacques SANTER, membre de la Convention sur l'avenir
de l'Europe, président de la Fondation Robert Schuman, ancien président
de la Commission européenne.
Monsieur le Président Santer, Chers amis,
après quelques mois d'intervalle nous reprenons nos réunions
cette année sur un sujet que nous pouvons considérer exceptionnel
pour son actualité et pour sa portée :
Les valeurs dans la future Constitution européenne.
Il s'agit de réfléchir sur les valeurs contenues dans le
projet du texte constitutionnel de l'Union européenne qui en, en
principe, sera adopté par les chefs d'Etat et de gouvernement en
décembre de cette année et qui aura une influence déterminante
sur la législation des 25 ou 30 pays qui feront partie de l'Union
européenne.
Nous avons voulu ajouter au titre de notre cycle de réflexions,
une question :
neutralité ou pluralisme ?
En effet, le problème se pose de comprendre en profondeur le concept
de laïcité de l'Etat.
C'est un concept qui tout appartenant déjà à la morale
naturelle, il a été explicité par Jésus-Christ
quand il nous a dit :
Donnez à César ce qui est à César et à
Dieu ce qui est à Dieu.
Ce concept désigne la coexistence de deux juridictions celle de
l'Etat et celle de la conscience qui est celle de la religion. Deux juridictions
autonomes et respectueuses l'une de l'autre. Le respect réciproque
de ces deux juridictions évite aussi bien l'étatisme totalitaire
que le cléricalisme absolutiste.
Cette saine interprétation de la laïcité de l'Etat
est partagée par beaucoup d'entre nous : est celle qui est appelée
pluralisme, c'est à dire le respect de l'expression publique de
la conscience individuelle qu'elle soit religieuse ou agnostique.
Par contre, souvent, on interprète la laïcité de l'Etat
comme neutralité, c'est à dire un sécularisme agnostique
et athée totalisant qui bannit de la vie publique le nom de Dieu
et qui ne reconnaît pas l'existence d'une morale naturelle qui est
communes à tous les hommes de toutes les races et de toutes les
époques.
Pour réfléchir sur un thème aussi vaste et profond,
nous avons réuni deux groupes de personnes qui les années
passées ont porté indépendamment leurs réflexions
les uns sur les questions de bioéthique, le Groupe Nicomaque, et
l'autre sur des thèmes de Doctrine sociale de l'Eglise.
Bienvenue à tout le monde, aux participants réguliers de
ces deux groupes et à tous les amis que vous avez invités.
Une bienvenue toute particulière au Président Jacques Santer
qui nous fait l'honneur d'ouvrir notre cycle de réunions 2003.
Monsieur le Président, vous êtes une personnalité
particulièrement éminente parmi les 105 membres de la Convention
sur l'avenir de l'Europe, parce que vous avez exercé et vous continuez
à exercer des fonctions au plus au niveau aussi bien dans votre
pays d'origine, le Grand Duché du Luxembourg qu'au niveau européen
et international. Vous avez été Président du gouvernement
luxembourgeois, Président du Parti Populaire Européen, Président
de la Commission européenne, actuellement membre du Parlement européen
et de la Convention sur l'avenir de l'Europe.
Vous nous introduisez, ce soir, à la compréhension des enjeux
de la Convention en ce qui concerne l'inspiration chrétienne des
valeurs sur lesquels la nouvelle Constitution sera basée et en
particulier vous nous parlerez sur comment évoluent, au sein de
la Convention les références à la religion et à
l'héritage chrétien.
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