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LES
VALEURS DANS LA FUTURE CONSTITUTION EUROPÉENNE Cycle de réunions 2003
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La future Constitution européenne est actuellement en discussion au sein de la Convention sur l'avenir de l'Europe. Le projet de Constitution sera soumis à la Conférence intergouvernementale des Etats Membres de l'Union européenne et devrait être adopté au Conseil européen des Chefs d'Etat ou de gouvernement qui aura lieu à Rome en décembre 2003. Le thème général de notre cycle est l'approfondissement de l'incidence des finalités religieuses et morales de l'Europe élargie que l'on prépare. Cela touche non seulement la constitution, mais aussi la politique européenne du futur ensemble de plus de 25 Etats membres. A l'entrée du XXIe siècle, l'Europe se présente comme une société pluraliste dans laquelle la convivialité et la tolérance sont généralement acceptées. La culture européenne plonge ses racines dans la civilisation gréco-romaine et elle a bénéficié des apports du judaïsme et de l'islam ; elle est fort influencée par la tradition du « siècle des lumières ». Toutefois, elle a été principalement marquée par le sceau du christianisme pendant deux millénaires. Reconnaître un tel héritage ne signifie pas contredire le principe de laïcité, mais l'interpréter correctement. Les pères fondateurs de l'Europe après la seconde guerre mondiale, ont été des personnalités profondément chrétiennes ou attachées à la civilisation chrétienne : Schuman, Adenauer, De Gasperi, De Gaulle; en Belgique, il allait de même pour Spaak, van Zeeland et Rey. Le caractère pluraliste de cette société se manifeste dans ses institutions qui doivent être régies par une saine laïcité empreinte de respect pour les diverses convictions. Le primat de la dignité de la personne humaine, constitue une orientation qui se veut à la fois typiquement chrétienne, mais en même temps très conviviale pour tous. Ceci est très différent d'une neutralité contraignante qui exclut l'expression positive des religions et des philosophies. Dans notre époque d'ouverture et de respect de toutes les convictions humaines, ne peut pas se manifester une tendance discriminatoire envers les religions en les reléguant à un niveau analogue à celui des ONG, parce que la religion est une dimension fondamentale et caractéristique de l'être humain. Le pluralisme religieux entraîne la création d'une sorte de marché libre des religions et des idéologies. La religion chrétienne ainsi que les autres religions et les courants de pensée agnostiques et athées ne constituent pas seulement de manifestations de la liberté d'opinion ; elles ont aussi le rôle de formuler les valeurs qui détermineront l'aspect éthique des choix politiques du législateur. Après, à chacun de juger du niveau moral du législateur. Toutefois, la laïcité de l'Etat est souvent comprise comme une neutralité de l'Etat qui devrait refuser la reconnaissance et le soutien publics aux institutions confessionnelles, ce qui empêche l'épanouissement de la liberté religieuse. Cette dialectique entre pluralisme et neutralité soulève beaucoup de questions. Nous
avons choisi quelques thèmes de discussion qui seront présentés
par des orateurs spécialisés chacun dans divers objectifs,
soit rencontrant des principes fondamentaux, soit des problèmes
d'actualité.
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