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3. LA RELIGION DANS LA SOCIETE : PRESENCE ET DIALOGUE
Les communautés de croyants sont présentes dans toutes les
sociétés, expression de la dimension religieuse de la personne
humaine. Les croyants attendent donc légitimement de pouvoir participer
au dialogue public. Malheureusement, on doit observer qu'il n'en est pas
toujours ainsi. Nous sommes témoins, ces derniers temps, dans certains
pays d'Europe, d'une attitude qui pourrait mettre en péril le respect
effectif de la liberté de religion. Si tout le monde s'accorde
à respecter le sentiment religieux des individus, on ne peut pas
en dire autant du "fait religieux", c'est-à-dire de la
dimension sociale des religions, oubliant en cela les engagements pris
dans le cadre de ce qui s'appelait alors la "Conférence sur
la Coopération et la Sécurité en Europe". On
invoque souvent le principe de la laïcité, en soi légitime,
s'il est compris comme la distinction entre la communauté politique
et les religions (cf. Gaudium et spes, n. 76). Mais distinction ne veut
pas dire ignorance ! La laïcité n'est pas le laïcisme
! Elle n'est autre que le respect de toutes les croyances de la part
de l'État, qui assure le libre exercice des activités cultuelles,
spirituelles, culturelles et caritatives des communautés de croyants.
Dans une société pluraliste, la laïcité est
un lieu de communication entre les diverses traditions spirituelles
et la nation. Les relations Eglise-Etat peuvent et doivent donner lieu,
au contraire, à un dialogue respectueux, porteur d'expériences
et de valeurs fécondes pour l'avenir d'une nation. Un sain dialogue
entre l'Etat et les Eglises - qui ne sont pas des concurrents
mais des partenaires - peut sans aucun doute favoriser le développement
intégral de la personne humaine et l'harmonie de la société.
La difficulté à accepter le fait religieux dans l'espace
public s'est vérifiée de manière emblématique
à l'occasion du récent débat sur les racines chrétiennes
de l'Europe. Certains ont relu l'histoire à travers le prisme d'idéologies
réductrices, oubliant ce que le christianisme a apporté
à la culture et aux institutions du continent: la dignité
de la personne humaine, la liberté, le sens de l'universel, l'école
et l'Université, les uvres de solidarité. Sans sous-estimer
les autres traditions religieuses, il reste que l'Europe s'est affirmée
en même temps qu'elle était évangélisée.
Et l'on doit en toute justice se souvenir qu'il y a peu de temps encore,
les chrétiens, en promouvant la liberté et les droits
de l'homme, ont contribué à la transformation pacifique
de régimes autoritaires, ainsi qu'à la restauration de la
démocratie en Europe centrale et orientale.
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