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LES VALEURS DANS LA CITE Cycle de réunions 2004 |
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L'une des raisons d'être du projet de Constitution européenne, qui pourrait être adopté au cours de l'année 2004, est de mettre en évidence les valeurs qui devraient inspirer l'Union européenne. Le thème général de notre cycle de rencontres sera l'approfondissement de certains aspects du débat sur les valeurs qui devraient régir notre société européenne. Nous avons partagé ce cycle en deux groupes de réunions : le premier porte sur les valeurs en politique,le second sur les valeurs en économie. Nous désirons en particulier mettre en évidence la différence qui existe entre un sain pluralisme, où toutes les pensées peuvent se manifester dans la sphère publique, dans le respect mutuel, et une neutralité qui relègue dans la sphère privée ce que Rawls appelle les " doctrines compréhensives d'ordre religieux, philosophique ou moral ". A l'entrée du XXI siècle, l''Europe se présente comme une société pluraliste. La culture européenne plonge ses racines dans la civilisation gréco-romaine et a bénéficié, dans des mesures variables, des apports du judaïsme et de l'islam; elle a également été fort influencée par les idées du " siècle des Lumières ". Toutefois, depuis deux millénaires, c'est principalement du sceau du christianisme que l'Europe a été marquée et l'inspiration chrétienne continue à se manifester dans l'histoire la plus récente des peuples européens, notamment de ceux qui se sont libérés du joug communiste. Reconnaître un tel héritage ne signifie pas contredire le principe de laïcité, mais l'interpréter correctement. Pour se projeter durablement dans le futur, un projet politique comme celui de la Constitution européenne ne peut oublier les valeurs morales et spirituelles qui ont caractérisé l'histoire de ses peuples. Les pères fondateurs de l'Union européenne après la seconde guerre mondiale, ont été des personnalités profondément chrétiennes ou attachées à la civilisation chrétienne : Schuman, Adenauer, De Gasperi, de Gaulle; en Belgique, il en allait de même pour van Zeeland et Rey. La laïcité de l'Etat est souvent comprise comme une neutralité qui devrait refuser la reconnaissance ainsi que le soutien public des institutions confessionnelles, ce qui empêche l'épanouissement de la liberté des consciences et avant tout de la liberté religieuse. À notre époque d'ouverture et de respect de toutes les convictions humaines, ne peut pas se manifester une tendance discriminatoire envers les religions en les reléguant à un niveau analogue à celui des ONG, parce que la religion est une dimension fondamentale et caractéristique de l'être humain. Le pluralisme entraîne la création d'une sorte de marché libre des religions et des idéologies. La religion chrétienne ainsi que les autres religions et les courants de pensée agnostiques et athées ne constituent pas seulement des manifestations de la liberté d'opinion, ils ont aussi pour rôle de formuler les valeurs qui détermineront l'aspect éthique des choix politiques du législateur. Après, à chacun de juger du niveau moral du législateur. Cette dialectique entre pluralisme et neutralité soulève beaucoup de questions. Nous avons choisi quelques thèmes de discussion, portant tantôt sur des questions de principes, tantôt sur des problèmes d'actualité, qui seront présentés par des orateurs spécialisés.
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