Monsieur Jonathan RAMSAY, Direction européenne de « Monsanto »
15 juillet 2004
Présentation
Chers Amis, cher Monsieur Ramsay,
La réunion de ce soir s’inscrit dans la poursuite de la discussion que nous avons eu la dernière fois avec Pierre Defraigne.
Ce soir-là nous avons eu la possibilité de débattre sur les valeurs éthiques dans le commerce international avec un des acteurs de premier plan dans la négociation en cours des accords de l’Organisation Mondiale du Commerce, le Millennium Round. Le sens de la discussion de ce soir là a été si l’économie est par son essence a-morale ou si la moralité est dans l’essence de la vie économique.
Ce soir le sens de notre discussion est le même : est-ce que la morale est essentielle dans la vie d’une grande société multinationale ou la morale y est plaquée a posteriori après avoir veillé aux intérêts économiques des actionnaires ?
La pensée économique moderne est dans ces années dans une période de renouveau provoquée par les défis de la globalisation. Un prix Nobel a été décerné à l’économiste Amartya Sen qui fonde sa pensée sur la réalisation des différents aspects de la liberté, qui n’est pas la liberté du plus fort, mais une liberté fondée sur le respect de la morale. La morale est, aussi, productrice de richesse.
Récemment, Romano Prodi, le Président de la Commission européenne disait dans un discours sur « Une éthique pour l’Europe » que « nous ne pouvons pas accepter la dévaluation de la politique qui résulterait des modèles du scepticisme, du pragmatisme ou du nihilisme, et qui finirait par consacrer l’indifférence au destin de l’homme et de sa communauté civile »
Le fait est qu’on se rend toujours plus compte que l’éthique ne concerne pas seulement la politique macro-économique et la manière de donner de règles à l’économie de marché, mais aussi l’auto réglementation des tous le prenant part à l’économie depuis les gestionnaires des PME aux gestionnaires des sociétés multinationales et aux gestionnaires de la politique économique.
Aux niveaux des entreprises se développe toujours plus ce qu’aujourd’hui nous appelons la Responsabilité sociale des entreprises. A tel point que l’année passée le Conseil des ministres de l’Union européenne a adopté une résolution sur la responsabilité sociale des entreprises et un Forum plurilatéral sur la Responsabilité sociale des entreprises a été crée au niveau de l’Union européenne.
On se rend compte que même pas l’entreprise peut se passer de l’éthique
Dans le monde globalisé, le marché et l’entreprise ont acquis très rapidement un rôle central et hégémonique aussi bien sur la politique que sur les organisations internationales à tel point que le rôle de l’entreprise ne peut plus être seulement celui de la maximisation du profit. Elle est responsable de plus que les profits.
Cette responsabilité se déploie dans tous les aspects qui vont du respect de la réglementation nationale ou communautaire et internationale et comprennent le respect de l’environnement, les droits des travailleurs et de la population du territoire où une entreprise est installée, à la participation à la croissance non seulement économique de la communauté de travail de l’entreprise.
Un courant de l’actuelle science économique qui est appelé « Business and éthique » concerne la transparence et la accountability de la gestion de l’entreprise par la publication de documents comme le bilan social de l’entreprise et les codes éthiques qu’elle respecte.
Ceux-ci peuvent être considérés comme des signes d’un changement profond dans la culture de l’entreprise.
Une démonstration de ce changement culturel nous sera donné ce soir par Jonathan Ramsay qui depuis 1998 est membre de la direction européenne de Monsanto.
Nous sommes heureux d’avoir ce soir avec nous le représentant d’une des plus grandes multinationale de l’alimentation, qui nous expliquera les engagements de caractère moral que cette société a pris vis-à-vis non seulement de son personnel, mais aussi de ses fournisseurs et ses clients.
Jonathan Ramsay est né à Belfast et a fait des études universitaires de philosophie. Il a enseigné Logique à l’Université. Il est titulaire d’un master en business administration et dans sa jeunesse a été un leader d’un club de jeunes de Belfast qui réunissait catholiques et protestants.