Groupe de réflexion sur l’éthique sociale

Cycle de réunions 2005

La famille dans le monde et dans les religions

 

22 septembre 2005

 

La famille dans la tradition orthodoxe de l’Europe Centre-orientale

par

Marie PANAYOTOPOULOS-CASSIOTOU

Membre du Parlement européen, Présidente de l’Intergroupe famille et protection de l’enfance

 

-               Facteurs caractéristiques de la famille dans la tradition orthodoxe

-               Conséquence sur le rôle de la famille dans la société orthodoxe

1               La vie familiale orthodoxe suit la vie de l’Église

1.1             La famille orthodoxe est bâtie à la lumière de l’Église

Notion de famille en tant que « petite Église »

1.1.1               Comme l’Église : une tête -les parents et ancêtres- à qui les plus jeunes doivent respect et dignité

1.1.2               Et pourtant une notion d’égalité entre ses membres :

(i)                homme et femme sont égaux en droit et devoirs / respect et considération mutuelle

(ii)              Tous les membres de la famille se doivent amour

(iii)            Sens du pardon pour « brebis égarées » : on est près à réintégrer dans la famille tout membre qui s’en est éloigné

1.2             La foi rythme la vie familiale orthodoxe

1.2.1               Attachement aux sacrements de l’église du berceau au cercueil et même après

(i)                Baptême rapide du nouveau né amplement célébré : sorte d’introduction du bébé dans l’Église mais aussi dans la famille

(ii)              Intéressant de noter que selon certaines traditions orthodoxes, parrain et marraine deviennent parents spirituels et sont donc complètement intégrés à la famille : baptisé et enfants des parrains sont considérés comme frères / pas de baptême de sexe opposé. Les parrains ne sont pas de simples témoins

(iii)            autres sacrements et cérémonies célébrés en famille et dans l’Église : ni mariage ni cérémonie funèbre ne sauraient être conçus

(a)          en dehors de l’Église

(voir le taux prévalant des mariages religieux dans les pays de tradition orthodoxe, (i) lorsque ces mariages sont reconnus à côté des mariages civils, (ii) ou à la suite des cérémonies civiles là où ils ne le sont pas)

(b)          en dehors du cercle familial

(respect envers le différent)

1.2.2               Vie familiale rythmée par les fêtes religieuses grandes et petites, qui sont l’occasion de réunions des divers membres de la famille : Pâques, Noël, fêtes de saints

2               Conséquence : dans les sociétés de tradition orthodoxe, la famille adopte la même importance qui est accordée à l’Église et à la foi

Idées principales:

(a)               Comme, selon la tradition orthodoxe, la société doit suivre les valeurs de la foi

(b)               et comme la vie familiale est indissociable de la vie de l’église

On peut en déduire que dans le passé comme aujourd’hui, la famille conserve un rôle structurant de la société, si bien que Église/Foi, famille et Société forment un tout.

-                  La société n’est pas composée d’individus uniquement, mais de personnes regroupées dans leurs familles respectives dont la vie s’inscrit dans celle de l’Église.

 

-                  Même les évolutions récentes n’ont pas affaibli ce constat, même si à terme elles pouvaient devenir une menace pour l’équilibre des sociétés orthodoxes :

-                      Norme n’est plus de considérer la famille comme un « clan » mais d’y voir une unité plus restreinte composée de grands-parents/parents/enfants

-                      Familles moins grandes du fait de taux de fécondité moins élevés que dans le passé

-                  Le sens de la famille (et de l’amour et respect entre ses membres) demeure bien plus fort que dans d’autres sociétés. Ceci se matérialise par un système d’entraide et un filet social relativement efficaces et larges, qui vient en complément des structures étatiques.

oOo


La Famille en Grèce

 

La famille est l’unité sociale de base pour toutes les couches de la société grecque aussi bien rurale qu’urbaine. Le fait qu’une personne ne se marie pas ou bien qu’il reste séparé de sa famille, est considéré comme un comportement inhabituel. Les fils et les filles habitent avec leur famille jusqu’à leur mariage, contrairement à la tradition occidentale d’une vie indépendante entre ces deux stades de vie. Les familles jouent un rôle important dans le choix d’un partenaire. Pourtant, la tradition des mariages arrangés n’est pas aussi fréquente qu’elle l’était aux générations précédentes. Dans les régions rurales, il y a traditionnellement un temps avant le mariage, pendant lequel on examine le comportement de la jeune femme et on évalue son caractère. Un prétendant et sa famille prennent encore en considération la réputation, la santé, l’âge et l’apparence de la jeune femme. Cependant, l’évaluation de la réputation a changé depuis les années 60. Jusqu’à la fin des années 60, la modestie et l’innocence étaient les principaux éléments de l’honneur d’une jeune fille et se reflétaient dans son habillement et son comportement. A partir des années 70, les jeunes femmes s’habillent à la façon occidentale et n’ont plus besoin d’être accompagnées lors de leurs sorties.

 

Le ménage de base, ou famille nucléaire, inclus le mari, l’épouse et leurs enfants non mariés, et comprend dans certains cas également les grands-parents ou un autre membre de la famille. Dans quelques régions, le jeune couple doit vivre avec les parents de l’un des mariés, jusqu’à ce qu’il gagne son indépendance financière. Selon la tradition de quelques villages, le jeune marié emmène son épouse pour un certain temps chez ses parents. Ils habitent alors dans la même maison ou le même village en créant une famille étendue. Par contre, aux îles des Cyclades et dans le Dodécanèse, les jeunes mariés habitent chez les parents de l’épouse. Le même schéma a été adapté à la vie citadine, surtout quand les parents de l’épouse ont la possibilité de fournir une habitation pour leur beau-fils.

 

Le but principal du mariage consiste à mettre au monde des enfants, sans lesquels un couple ne peut pas être heureux. Le deuxième objectif  et la préservation et l’accroissement de la fortune familiale héritée de la génération précédente. Dans les campagnes, la famille nucléaire produit le travail agricole. Les enfants aident aussi dans les entreprises familiales (petits commerces, pêche, etc..).

 


 

La population grecque.

 

Quelques données sur les mariages, divorces, etc.

(sur 1000 hab.)

 

mariages

divorces

naissances

morts

1981.

7,3

0,6

14,5

8,9.

 

1991

6,4

0,7

10

9,3

 

2001

5,3

1,1

9,3

9,4

 

2002

5,3

1,0

9,4

9,5

 

2003

5,6

1,2

9,5

9,6

 

 

 

1990

1999

Mariages

59.052 (100,0%)

61.165   (100,0%)

dont : mariages civils

  5.828           (9,9%)

  7.670    (12,7%)

 


Mariages entre 1932 – 2003

 

Année

Nombre de mariages

Par 1000 habitants

 

 

 

1932

39.283

6,00

1933

46.263

6,98

1934

47.301

7,03

1935

45.690

6,68

1936

38.750

5,59

1937

45.833

6,52

1938

46.027

6,46

1939

47.559

6,59

1940

32.830

4,49

1955

66.274

8,32

1956

55.233

6,88

1957

68.818

8,50

1958

69.178

8,46

1959

74.213

8,99

1960

58.165

6,98

1961

70.914

8,44

1962

70.695

8,37

1963

78.038

9,20

1964

76.042

8,94

1965

80.728

9,44

1966

71.666

8,32

1967

81.706

9,37

1968

65.371

7,48

1969

72.544

8,27

1970

67.439

7,67

1971

73.350

8,31

1972

60.144

6,77

1973

73.762

8,26

1974

68.059

7,59

1975

76.452

8,45

1976

63.540

6,93

1977

76.228

8,19

1978

72.523

7,69

1979

79.023

8,28

1980

62.352

6,47

1981

71.178

7,32

1982

67.784

6,92

1983

71.143

7,23

1984

54.793

5,54

1985

63.709

6,41

1986

58.091

5,83

1987

66.166

6,62

1988

47.873

4,77

1989

61.884

6,13

1990

59.052

5,81

1991

65.568

6,39

1992

48.631

4,69

1993

62.195

5,94

1994

56.813

5,38

1995

63.987

6,02

1996

45.408

4,24

1997

60.535

5,62

1998

55.489

5,12

1999

61.165

5,62

2000

48.880

4,48

2001

58.491

5,34

2002

57.872

5,27

2003

61.081

5,55

Source : Service Nationale des Statistiques (Grèce)


Quelques informations sur le mariage dans les pays de l´Europe centrale/orientale

 

République Tchèque

-          Mariage religieux confère les mêmes droits et obligations que mariage civil

 

Pologne

-          Mariage religieux confère les mêmes droits et obligations que mariage civil

-          Église orthodoxe reconnue par l’Etat

-          5.1 mariages par an pour 1000 habitants

-          1.2 divorces par an pour 1000 habitants

 

Slovaquie

-          Mariage religieux confère les mêmes droits et obligations que mariage civil

-          Église orthodoxe peut célébrer des mariages reconnus

 

Slovénie

-          Mariage religieux ne confère pas les mêmes droits et obligations que mariage civil

 

Croatie

-          Mariage religieux confère les mêmes droits et obligations que mariage civil

-          En 2002, 68,4% des mariages étaient religieux

-          5.1 mariages par an pour 1000 habitants

 

Hongrie

-          Mariage religieux ne confère pas les mêmes droits et obligations que mariage civil

 

Bosnie Herzégovine

-          Mariage religieux ne confère pas les mêmes droits et obligations que mariage civil

 

Roumanie

-          Mariage religieux ne confère pas les mêmes droits et obligations que mariage civil

 

Serbie & Monténégro

-          [Mariage religieux ne confère pas les mêmes droits et obligations que mariage civil] (information non contrôlée)

 

ARYM

-          Mariage religieux ne confère pas les mêmes droits et obligations que mariage civil

 

Albanie

-          Mariage religieux ne confère pas les mêmes droits et obligations que mariage civil

 

Moldavie

-          Mariage religieux ne confère pas les mêmes droits et obligations que mariage civil

 

Bulgarie

-          Mariage religieux ne confère pas les mêmes droits et obligations que mariage civil